Arrivés à destination, mon frère descendit à vitesse vampirique de la voiture et se dirigea vers la portière côté passager. Il me fit sortir doucement de l'habitacle et attendit l'explosion.
Celle-ci ne tarda pas; mes sentiments étant à vif. Un hurlement, longtemps retenu, s'échappa de ma gorge. Je ne pensais plus à rien, je n'avais plus conscience de rien, juste d'un bourdonnement horrible résonnant dans ma tête. Je ressentais le besoin de me défouler ; je savais que mon frère était prêt de moi et risquait sa vie, mais je m'en fichais !
La colère prenant le dessus sur tout le reste, je fis exploser un par un, par une simple pensée, chaque arbre présent en face de moi jusqu'à ce que Simon m'arrête.
- Bella, calmes toi s'il te plaît ! On va se faire repérer !
Remarque qui suffit à décupler le sentiment de haine qui m'envahissait.
Brusquement, je me tournais face à lui et le fixais droit dans les yeux.
- Bella arrête !
Mon sourire s'étira pour devenir narquois et les pieds de Simon se décollèrent peu à peu du sol. Celui-ci gémissait sous le coup de la douleur que je lui infligeais. Un simple geste suffirait à mettre fin à sa vie, je le savais. Pourtant, je n'arrivais plus à me contrôler !
« Qu'ils meurent, qu'ils meurent tous ! Quelle importance après tout ! » Voilà vers quelles pensées se dirigeait mon esprit !
- Bella, tu ne me veux aucun mal et je le sais. Je sais à quel point tu souffres ! Je veux t'aider !
Ah, il sait ! Non, personne ne sait, personne ne me comprend ! Je suis seule, seule à supporter le mal que m'inflige la plaie qui se déchire dès que je pense à LUI, dès que l'on me parle de LUI.
Et celle-ci me fait encore plus souffrir depuis quelques minutes ! Depuis qu'IL s'est approché vers moi, depuis que SA voix, trop longtemps attendue, est parvenue à mes oreilles.
« Va t'en » pensais-je en fixant mon frère du regard.
Cette pensée le propulsa à quelques mètres de moi et le fit atterrir dans un sapin qui, par le choc, se brisa en deux.
D'un coup, je ressentis une immense fatigue et m'écroulai, genoux à terre, sur le sol. Je sanglotais, aucune larme ne coulait sur mes joues glacées.
Simon, s'étant redressé depuis, me prit dans ses bras et me chuchota des paroles qu'il voulait réconfortantes.
- Bella, je te promets qu'un jour tu connaîtras ce qu'est une belle vie ! Tu auras enfin le droit d'avoir une vie heureuse, je t'en fais le serment !
Avait-il raison ? Je n'en savais rien mais j'espérais que oui.
Ce que je n'osais pas lui dire, c'est que seul Edward pourrait à nouveau combler ma vie. Mais il m'avait fait trop de mal pour que je lui pardonne. Est-ce que, comme Emmett l'a sous entendu, je serai un jour capable de lui pardonner ? Cette éventualité me semblait impossible. Peut être qu'avec le recul, je verrais les choses différemment.
Et Alice ? Ma prétendue « meilleure amie », celle qui était la s½ur que j'aurais adoré avoir, celle qui est partie sans un au revoir, sans un mot.
Non, vraiment, leur pardonner me sera impossible.
Je stoppais mes réflexions pour m'excuser auprès de Simon. J'aurai pu le tuer et ce sentiment de culpabilité était insupportable. J'avais honte.
- Arrêtes ça tout de suite soeurette ! Tu n'y es pour rien, tu n'arrives pas à te contrôler quand tu es en colère et le plus important est que tu ne t'en sois pas pris à un humain. Je suis résistant, me dit-il dans un sourire.
- Mouais !
- Allez viens, on rentre princesse !
Je souris à ce surnom qu'il me donne depuis qu'il me connaît. Ma vie ne ressemble en rien à celui d'une princesse ; elle n'a rien d'un conte de fées et j'ai depuis longtemps perdu mon prince charmant.
- Il arrivera Bella ! Il arrivera ! Et ne t'inquiètes pas, je m'occuperai personnellement de lui fournir le cheval blanc qui va avec ! Autant qu'il possède le kit du parfait prince charmant non ?!
J'avais oublié que mes pensées lui étaient accessibles lorsque j'étais en état de faiblesse comme maintenant, ce qui me fit grimacer.
Le lien entre nous deux est tellement fort, qu'en temps normal, nous pouvons communiquer par la pensée que si nous le souhaitons. Mais là je ne contrôlais plus rien, ce qui lui laissait une porte grande ouverte sur mes réflexions.
Une fois à la maison, ma mère m'enlaça tendrement et m'emmena avec elle dans le salon. Sur son chevalet, trônait une peinture représentant un couple. Cela sentait l'amour à plein nez !
- Comment le trouves tu ? Je l'ai appelé « Ode à l'amour ».
Il ne manquait plus que cela ! Ma mère qui se lance dans le romantisme !
- Euh ... il est très joli ! Je monte voir Dean.
Sur ces mots, je me précipitais dans l'escalier pour atterrir devant le bureau de mon paternel.
- Entre Bella m'ordonna t-il après j'eus frappé à la porte.
Une fois que j'eus passé le pas de la porte, il leva les yeux sur moi. Il était encore plongé dans ses livres de philosophie. Cela me fit sourire ; il était toujours avide de connaissances !
Je pris place en face de lui, dans l'un de ses magnifiques fauteuils en velours tandis qu'il s'adressait à moi.
- Comment te sens tu ? Simon m'a expliqué ce qu'il s'est passé.
- Je vais mieux ! Un peu fatiguée mais ce n'est rien comparé au mal que j'aurais pu lui faire ! J'ai tellement honte. Je ne comprend pas pourquoi je n'arrive pas à me contrôler.
- N'oublie pas que ton créateur était quelqu'un d'assez puissant et que tous les pouvoirs qu'il t'a transmis peuvent contribuer à cette perte de contrôle. Les émotions trop fortes, comme la colère, te font sûrement baisser la garde. Mais nous reparlerons de tout ça plus tard. Va donc te changer les idées.
Je le remerciais d'un sourire.
C'est alors que la voix d'Alex retentit dans la maison.
- Bella !
Je sortis du bureau pour le rejoindre. Il m'attendait en bas des escaliers et m'enlaça dès que je fus en face de lui. J'avais mal. Ce qui c'était passé aujourd'hui me confirmait que je n'oublierai pas Edward de sitôt malgré tout le mal qu'il m'avait fait. Je décidais d'avoir une discussion avec mon compagnon.
- Alex ?
- Oui dit-il, ses lèvres embrassant le haut de mon crâne.
- J'aimerai te parler en privé si tu veux bien.
Il me regarda, tout d'abord surpris, puis se reprit :
- Si tu veux. On va faire un tour dehors ?
Je hochais la tête en guise d'acquiescement.
Il se saisit de ma main et m'entraîna avec lui vers la sortie.
Une fois dans le jardin, nous nous installâmes à même le sol. Il attendit patiemment, ne me lâchant pas des yeux.
Je lui pris la main, la tournais et la retournais dans la mienne, jouais avec ses doigts.
Il m'interrogea du regard, ne comprenant pas mon soudain mutisme.
J'inspirais un bon coup, chose qui m'était pourtant inutile, pour me donner du courage.
Enfin, je me décidais à parler :
- Alex...
Voilà !
J'avoue que j'ai eu du mal à l'écrire celui là !
En tout cas, j'espère qu'il vous plaît.
Donnez votre avis svp
La suite dès qu'elle sera prête =)
Bisous